C’est avec une immense satisfaction que le mouvement paysan international La Via Campesina et son organisation membre en Suisse le syndicat paysan Uniterre, peuvent annoncer que les Nations Unies ont jugé nécessaire de mieux protéger les droits des paysannes et des paysans à travers le monde. Le jeudi 27 septembre 2012, le Consiel des droits de l’Homme a adopté la résolution sur la “Promotion des droits des payans et des autres personnes vivant dans les zones rurales”.
 
Par cette résolution, le Conseil reconnait l’absolue nécessité de disposer d’un nouvel instrument juridique international qui prendra la forme d’une déclaration des Nations Unies. Celle-ci a pour objectif de réunir en un seul texte les droits spécifiques aux paysannes et aux paysans et d’intégrer de nouveaux droits tels que les droits à la terre, aux semences, aux moyens de production ou à l’information dans le domaine agricole.
 
Après un  processus interne constructif de plusieurs années, La Via Campesina demande depuis depuis 2008 l’adoption d’une Déclaration spécifique reconnaissant les droits des paysannes et des paysans, non seulement pour défendre ses propres intérêts, mais également parce qu’il en va de l’alimentation du monde dans son ensemble, de la lutte contre la faim, contre la pauvreté et contre les discriminations à l’échelle globale.
 
Le Conseil des Droits de l’Homme de L’ONU s’était engagé dans ce processus en réponse à la crise alimentaire de 2007-2008. Partant du constat que 80% des personnes souffrant de la faim vivent en zone rurale et que 50% d’entre elles appartiennent à la petite paysannerie – le Conseil a estimé qu’une attention particulière devait leur être portée. En s’engageant à protéger leurs droits fondamentaux et spécifiques, il estime pouvoir contribuer à réduire la faim dans le monde.
 
Le Conseil des droits de l’Homme a donc décidé de mettre sur pied un groupe de travail intergouvernemental chargé de rédiger un projet de déclaration sur les droits des paysans et autres personnes vivant dans les zones rurales. Il s’appuiera sur le projet présenté par le Comité consultatif en mars 2012. Les premières réunions de travail devront se tenir dès 2013 et elles s’étaleront sur quelques années avant que le texte final soit adopté par le Conseil des droits de l’homme, puis par l’Assemblée générale de l’ONU. La société civile et les représentants des familles paysannes sont appelés à participer activement dans ce processus, autre point particulièrement réjouissant.
 
La Via Campesina se félicite de la collaboration avec certains pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique qui ont permi l’adoption de ce texte. Cependant, le mouvement paysan déplore le vote négatif d’un certain nombre d’Etats de l’Union européenne (Autriche, Belgique, République Tchèque, Hongrie, Pologne, Roumanie, Espagne, Italie) ainsi que des Etats Unis qui se sont ainsi opposés à une protection spécifique des paysannes et des paysans. Ces Etats, probablement mis sous pression par certains puissants lobbies (grands groupes économiques, spéculateurs, industries agro-alimentaires ou extractives), n’ont pas osé soutenir leur paysannerie, faisant fi des droits élémentaires et de l’intérêt général de leurs citoyen-ne-s face à ces acteurs qui ne cessent de violer les droits des paysannes et paysans à travers le monde.
 
Contacts presse :
Valentina Hemmeler Maïga, Uniterre +4179 672 14 07,
 

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