Le secteur éducatif haïtien n’a pas connu de changement majeur au cours de l’année 2011, en dépit du fait qu’il représente un des principaux axes de la politique mise en œuvre par l’administration du président Michel Martelly.
 
Après une période de gestion routinière du dossier éducatif, la présidence de Martelly (à partir du 14 mai) a soulevé de multiples interrogations et d’immenses espoirs relatifs à la question de la scolarisation gratuite et obligatoire pour les enfants haïtiens.
 
Malgré les prescrits constitutionnels du 29 mars 1987, l’Etat n’a jamais inscrit l’éducation comme une priorité.
 
Moins de deux semaines après son investiture, le chef de l’Etat lance le fonds national de l’éducation.
 
Martelly bénéficie de l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESO), qui par le biais de son envoyé spécial pour Haiti, Michaelle Jean, exprime son soutient au projet.
 
 
Plus tard, après avoir pris connaissance d’un état des lieux des besoins au niveau du secteur et les projets que l’équipe Martelly compte mettre en œuvre, l’ancien président américain et coprésident de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), William Clinton, annonce le 21 juillet une aide de 1,25 million de dollars pour appuyer le développement de l’éducation.
 
La gratuité de l’école est au cœur des débats et, pour leur part, les responsables de l’Union Nationale des Normaliens Haïtiens (UNNOH) organisent plusieurs conférences autour de ce thème. Le syndicat d’enseignants entend mettre la pression en vue de la matérialisation des promesses de campagne de Martelly.
 
Mais, le 21 juin le chef de l’Etat annonce le report de la rentrée scolaire. Sans gouvernement 3 mois après son entrée en fonction, Martelly peine à faire face à ce moment crucial.
 
Certaines écoles organisent pourtant leur propre rentrée, alors que dans le Sud la population témoigne ouvertement de son désespoir et rappelle que des enfants n’ont même pas reçu le bulletin de l’année dernière.
 
C’est au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’École nationale de Tabarre que le chef de l’Etat procède officiellement, le 3 octobre, à la réouverture des classes. La rentrée s’affiche timide, mais, pour Martelly il s’agit d’une journée « historique » où sa vision de l’accès gratuit à l’éducation pour tous les enfants haïtiens commence à se concrétiser.
 
Dans certaines régions du pays, des parents se plaignent pourtant de ne rien savoir du programme de gratuité scolaire. Déjà, à la veille de la rentrée officielle, des membres de la coordination des organisations paysannes pour le développement du Sud D’Haïti, ont organisé un sit-in à Carrefour-Horrel (centre-ville des Cayes) pour dénoncer l’exclusion de leurs enfants de ce programme->http://www.alterpresse.org/spip.php…].
 
Pour sa part, le 24 octobre, alors que depuis 4 jours, le nouveau titulaire de l’éducation, Réginald Paul, a pris ses fonctions, le secrétaire général de l’UNNOH estime que la mise en œuvre du programme gouvernemental en matière d’éducation demeure floue.
 
Pour Merilien ce programme d’éducation gratuite doit se faire à travers les écoles publiques. Il qualifie d’immoral le fait que des professeurs restent sans salaire depuis quatre ans. Plusieurs attendent encore le quatorzième mois pour payer les frais scolaires de leurs enfants, déplore t-il.
 
De plus, souligne le responsable de l’UNNOH, la publication et l’application de la loi sur la régulation des frais scolaires se révèle déterminant pour soulager les parents du fardeau des frais scolaires. La loi en question n’a jusqu’ici pas été promulguée par le président Michel Martelly.
 
 
Mais, aucun rapport officiel détaillé n’est venu apporter les détails attendus sur la mise en œuvre du programme, ses bénéficiaires, ses sources de financement, etc.