Le processus de vote qui s’est déroulé ce dimanche en Haiti, et au cours desquelles deux personnes ont été tuées, est une honte pour les autorités, selon le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH).
 
Ce fut « un désordre total, une honte pour le CEP et la mission des Nations Unies dans le pays » a déclaré à AlterPresse Pierre Espérance, directeur du RNDDH, qui observait les opérations de vote dans le département de l’Ouest.
 
Deux personnes ont été tuées dans des violences qui se sont produites dans le Sud, selon des informations rapportées par des observateurs et non encore confirmées par des autorités policières.
 
Les 11 000 bureaux de vote ont fermé à 16 heures, comme prévu dans une atmosphère marquée par de nombreuses manifestations anti-gouvernementales dans plusieurs villes du pays.
 
A Port-au-Prince, le rappeur Wyclef Jean, originairement écarté de la course, Charles Henry Baker (RESPE) et Michel Martelly (Repons Peyizan) ont été remarqués dans ces mobilisations.
 
De nombreuses irrégularités se sont produites dans le Sud. Des agents de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH) ont apporté une liste différente de celle dont disposaient les membres de Bureaux de Vote (BV) à Aquin. Et à Torbeck, des membres de BV ont été surpris en train de déposer les bulletins dans les urnes à la place des électeurs.
 
Des hommes armés proches du parti au pouvoir ont pénétré dans un centre de vote à Cavaillon afin de s’accaparer de bulletins de vote, témoignent des observateurs. Mais la police a pu récupérer les bulletins et le dépouillement a finalement eu lieu au commissariat de la ville.
 
Depuis le début de l’après-midi, les observateurs et les mandataires avaient déjà quitté les centres de vote dans le département du Sud-Est, notamment à la vallée de Jacmel.
 
Le processus avait été suspendu dans la seconde circonscription de cette ville à cause du manque de bulletins pour certains candidats à la députation.
 
Des affrontements ont également été enregistrés entre sympathisants de plusieurs formations politiques dans le Plateau Central. Ces échauffourées n’ont cependant fait ni de morts ni de blessés. [rh kf gp apr 28/11/2010 18 :00]
 
Plus de 20 ans après, les mêmes problèmes

Des observateurs présents dans plusieurs départements géographiques du pays déclarent noter « beaucoup d’irrégularités » dans le processus qui a de plus démarré très tard par rapport à l’heure prévue.
 
C’est le 6e scrutin présidentiel depuis la chute de la dictature des Duvalier en 1986, lorsque le processus de transition démocratique a commencé conduisant en mars 1987 à l’adoption de la Constitution actuelle.
 
Les premières élections démocratiques n’ont cependant eu lieu qu’en 1988. Le Président élu, Leslie Manigat, séjourne durant 130 jours au Palais National avant d’être renversé par un coup d’Etat militaire. Les putschistes, Henry Namphy et Prosper Avril seront contraints de démissionner et céder la place début 1990 à un gouvernement de transition civil.
 
Cette année là, un ancien prêtre Jean Bertrand Aristide, accède au pouvoir avec 67,5% des voix. Mais 7 mois après, il est évincé par un autre coup d’Etat militaire orchestré par le général Raoul Cédras.
 
Aristide restera trois ans en exil aux Etats-Unis avant de revenir au pouvoir avec le soutien de la communauté internationale. En 1995, l’année suivant son retour, des élections générales sont organisées et, quoique contestées par l’opposition au niveau législatif et municipal, elles conduisent à la tête du pays, son ancien Premier Ministre, René Préval (87,9% des voix).
 
Durant ce premier mandat, le régime de Préval connait une crise institutionnelle importante liée aux Législatives partielles d’avril 1997. Par la suite il y aura plusieurs reports des compétitions électorales pour le renouvellement du parlement.
 
En mai 2000, Fanmi Lavalas fait une véritable razzia dans les deux chambres, avec 75 Députés sur 83 et 18 Sénateurs sur 19. La même année, Jean Bertrand Aristide est élu à nouveau Président avec 91,69% des voix et 20% de participation.
 
Ce second mandat ne dure que 3 ans, marqués par la grogne de l’opposition et la recrudescence de la violence. En 2004, un gouvernement de transition reprend les rennes du pouvoir, sous la direction de Boniface Alexandre, président de la Cour de Cassation.
 
2004 c’est aussi l’année de la venue de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) dans le pays. L’année suivante, de nouvelles élections sont réalisées.
 
En 2006, René Préval brigue son second mandat. Deux Premiers Ministres, Jacques Edouard Alexis et Michèle Duvivier Pierre Louis, ne restent qu’environ un an à la tête du gouvernement dans un contexte dominé tour à tour par une crise alimentaire et des désastres naturels (passage de 4 cyclones coup sur coup) et humain (effondrement de l’école la Promesse Evangélique).
 
L’actuel gouvernement est intronisé fin 2009 avec pour chef, le Ministre de la planification qui conserve d’ailleurs ce poste, Joseph Jean Max Bellerive.
 
Le 12 janvier 2010, un violent séisme tue près de 300 000 personnes. L’immense catastrophe éveille la solidarité des peuples du monde entier. Le 31 mars, plusieurs pays et bailleurs internationaux promettent à Haïti 10 milliards de dollars pour sa reconstruction.
 
Alors que ces milliards tardent à arriver sur la table et qu’un peu plus d’un million de personnes vivent dans des conditions très précaires dans des camps, une épidémie de cholera tue plus de 1600 personnes à travers le pays.[apr 28/11/2010 14 :00]
 
AlterPresse: www.alterpresse.org

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